Je n’avais lu qu’un seul Sin City, le premier justement : la quête vengeresse de Marv pour retrouver l’assassin de Goldie. Et j’avais vraiment beaucoup aimé la BD, un véritable coup de poing mélangeant l’humour noir, la violence et malgré tout une certaine tendresse.
Le premier constat, qui est à mes yeux un atout mais qui peut tout aussi bien déplaire au spectateur, c’est que (en tout cas pour l’histoire de Marv) la mise en scène est une reprise séquence par séquence du comics : c’est Frank Miller lui-même qui était aux commandes avec Roberto Rodriguez, ceci expliquant cela.
Comme pour la BD, avec son N&B parfaitement maîtrisé, le film impressionne par sa qualité artistique. L’usage du N&B était bien entendu de rigueur, mais Miller et Rodriguez ont poussé la fantaisie jusqu’à rajouter une touche de couleur, ici pour le rouge de lèvres pulpeuses, là du jaune pour visualiser le Yellow Bastard. Ce simple apport m’a beaucoup plu, ça donne un peu plus de charme au film, aux personnages. Ca évite d’être dans une ambiance trop noire. Peut-être que les inconditionnels de Miller vont crier au scandale, mais je trouve que c’est un indéniable plus.
La mise en scène elle-même est très stylisée : que ce soit le choix des décors (ils semblent très réels et en même temps, ils font factices, fantaisistes, un peu comme dans Le Magicien d’Oz), des prises de vues et des différents plans, j’ai trouvé qu’il y avait une vraie recherche. Je ne suis pas du tout un expert cinéma, mais cela donne un côté très léché au film qui est en parfaite symbiose avec la beauté fatale de ces protagonistes féminins. Une mise en scène digne des polars noirs des années 50 !
Au passage, les 3 histoires s'enchaînent bien, et surtout, bien que distinctes dans le déroulement du film, elles s'entrelacent dans le temps. une sorte de jeu s'installe avec le spectateur, s'amuser à voir qui était où.
Chaque histoire est millimétrée. Bien sûr, c’est plutôt violent et cru, mais j’ai trouvé ces 3 histoires d’amour (pas au sens conventionnel, mais ce sont quand même des histoires d’amour) envoutantes. Quelque part, les violences sont justifiées. Les personnages d’ailleurs sont très attachants, et assez tranchés : cela donne de l’épaisseur à chacun des acteurs. Les mecs ont tous ce côté brute au grand cœur, surtout Mickey Rourke – à peine reconnaissable et auteur d’une prestation époustouflante. Et les femmes sont belles à se damner, mais aussi sacrément débrouillardes : de vraies femmes fatales, comme les aime tant Frank Miller.
Sin City est donc un très bon film surtout pour la beauté des images. Si vous n’aimez pas la violence, il est clair que ce film va vous rebuter, mais je trouve qu’il vaut largement le détour.
DONNEZ VOTRE AVIS
|