Nolan continue de revoir l'univers de Batman. Dans ce nouveau film, il introduit le Joker et Harvey Dent/Double Face. On voit l'évolution de Gordon et surtout celle de Wayne/Batman. Après une première partie reprenant le ton un peu léger et l'humour décalé du premier film, tout change et devient beaucoup plus sérieux et sombre dès que le Joker décide de s'attaquer à Batman. L'action va à 100 à l'heure avec beaucoup d'explosions, combats, ...
Je me méfiais des effets d'annonce dans les articles que j'avais pu trouver sur le web. c'est le meilleur film de l'été aux États-Unis, le dernier rôle de Heath Ledger et son interprétation extrêmement violente et malsaine du joker, ...
Et bien je dois le reconnaître, les articles avaient raison, On a un film de très grand spectacle et un Joker impressionnant. Il est totalement différent de celui joué par Nicholson dans le premier film de Burton. Nicholson est excentrique alors que celui de Ledger est vraiment dérangeant
Pour moi, le thème du premier film est sur l'apprentissage et le fait trouver sa voie. Celui-ci est principalement sur la perte de la candeur et de la naïveté. Batman a un ennemi qu'il a extrêmement de mal à comprendre, qui va le faire douter et le faire évoluer. C'est ce qui m'a le plus surpris, dans ce film, c'est de découvrir un Batman qui perd le coté héros irréprochable qu'il avait dans les films précédents.
Bien que le film s'appelle Dark Knight qui est le titre d'une des aventures les plus connues de Batman écrite par Franck Miller, je trouve que le film se base plus sur le Killing Joke d'Allan Moore et Brian Bolland. Le joker essaye de faire basculer les gens vers le mal ou la folie après une épreuve et il explique aussi que Batman et lui sont les mêmes et qu'ils ne peuvent pas vivre l'un sans l'autre.
Après un renouveau de la licence avec Batman begins, on a une suite qui tient toutes ses promesses. Je n'ai pas vu passer les 2h30 du film et je suis ressorti scotché. Ai-je besoin de vous dire d'aller au cinéma ?
Voici la suite très attendue de l’excellent Batman begins. Christopher Nolan va un peu plus loin dans l’exploration des personnages : comme pour Batman, il nous explique la genèse de deux de ses plus grands ennemis : le Joker et Harvey Dent/Double-face et le spectateur va aussi suivre l’évolution de la mentalité de Batman.
Nolan use de son grand talent de metteur en scène pour donner des atours chatoyants à son film. Les scènes sont agencées au poil, c’est rythmé, sans tomber dans l’épileptique.
Comme le dit Fef, le gros point fort de cet épisode, c’est l’évolution de Bruce Wayne : il comprend que ses actes ont des répercutions, et qu’il doit les assumer : d’un côté, cela donne aux gens de l’espoir, mais un fol espoir, une envie de justice irréalisable par eux-mêmes (comme en témoigne la scène du début avec les faux Batman) ; de l’autre, cela donne naissance à des méchants de plus en plus sadiques, comme l’explique le Joker. En d’autres termes, Christopher Nolan pose la bonne question : Est-ce Batman la raison d’exister des méchants, ou bien l’inverse ? Il ne répond pas pleinement à la question, car la réponse va bien au-delà du simple manichéisme.
La conséquence de cette question, c’est que Batman va mûrir et prendre pleinement conscience de son rôle dans le système de Gotham.
Je dois pourtant avouer qu’après un Batman begins magnifique, je suis ressorti un peu déçu par The Dark Knight. Pour être tout à fait précis, c’est surtout que, conscient du soucis de réalisme de Nolan, il y a quelques séquences vraiment très agaçantes, et moi, ça m’a un tantinet gâché mon plaisir. Pendant la période de « transition » de Bruce Wayne/Batman justement : cela se situe vers le milieu du film, et ça m’a marqué. Batman begins laisse une grande place au réalisme des situations, et c’est le cas aussi dans cet épisode, mais justement alors : pourquoi faire faire des choses totalement ineptes à ces personnages ? Bien sûr, cela permet de relancer l’intrigue, mais pourquoi diable ce policier reste-t-il dans la cellule avec le Joker ?? Pourquoi utiliser un ressort aussi vieux et usé ? Bien sûr, c'est assez minime rapporté à l'ensemble du film, mais cela m'a gâché la fête. Quand on sait que le Joker est le plus grand criminel de Gotham, qu’on sait qu’il n’a aucune morale, bref que c’est une danger puissance 1000, ça donne une scène complètement hors sujet par rapport au reste du film.
C’est d’autant plus dommageable qu’effectivement, cela relance bien l’histoire et donne même une fin absolument splendide, tragique aussi et qui achève de construire le Batman qu’on connaît, sombre, cynique, désabusé parfois.
Par contre, niveau interprétation, c’est toujours impeccable, et je trouve particulièrement convaincantes les prestations des "seconds couteaux", comme Aaron Eckhart ou Heath Ledger.
A propos de ce dernier, je trouve cependant qu’il est un peu déplacé de comparer son jeu à celui de Nicholson, car les buts recherchés par les deux réalisateurs sont très différents. Comme dans Batman begins, Nolan essaie de rendre ses personnages crédibles, donc Ledger se devait de camper un Joker réaliste, proche d’un vrai psychopathe de polar : inquiétant, terrifiant même, rusé. Jack Nicholson se dirigeait plus vers le personnage de Comics, donc déjanté, incontrôlable, imprévisible. Son jeu est plus imprégné de folie et donc d’excès, il en fait des tonnes parfois, là où Heath Ledger doit nécessairement la jouer avec une certaine retenue.
Aaron Eckhart joue aussi un magnifique Harvey Dent, très proche, dans ses convictions et ses aspirations, de Batman. D’ailleurs, le titre, plutôt qu’être une référence au Dark Knight de Miller marque en fait le parallèle entre Bruce et Harvey (qu’il baptise lui-même the White Knight). C’est très bien vu : d’un côté, celui qui peut agir en pleine lumière, dans la légalité pourrait-on dire, et l’autre condamné éternellement à l’ombre et la clandestinité ; l'un aimé, adulé, l'autre qui accepte d'endosser le "sale" rôle. Le jeu d'Aaron Eckkhart est parfait au point de nous faire oublier qui il deviendra : je me suis fait bercer par son discours, sa vision de la justice, et ce n'est qu'à l'instant t qu'on écarquille les yeux en se disant "bon sang mais c'est bien sûr!"
Toutefois, à propos de Harvey justement, il y a là encore un côté un peu agaçant dans le scénario, car on ne comprend pas bien comment il bascule vers le mauvais côté. Disons que ce basculement est un tantinet rapide (faute de temps ?) et bien qu’on comprenne sa douleur, je trouve que ça ne rajoute pas à la crédibilité recherchée par Nolan. Ca laisse un étrange goût de "trop rapide".
Quoi qu’il en soit, The Dark Knight reste un excellent film qui continue de nous dévoiler les différents aspects de notre héros (et de ceux qui l'entourent). Avec en plus une très belle fin, cela nous promet une suite (on espère tous qu’il y en aura une) qui devrait encore une fois être de haut niveau.
DONNEZ VOTRE AVIS
|